06.12.2007
PROGRAMME NUCLÉAIRE IRANIEN
CHRONOLOGIE
Août 2002: Des iraniens exilés affirment que Téhéran a, sans en informer les Nations Unies, achevé la construction d’une grande usine d'enrichissement d’uranium à Natanz, et d’une usine de production d'eau lourde à Arak. [1]
Décembre 2002: Des photos satellites diffusées à la télévision américaine confirment l'existence des sites de Natanz et d'Arak. Les États-Unis accusent Téhéran de « poursuivre malencontreusement son développement d’armes de destruction massive ». L’Iran accepte toutefois les inspections de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA).
Février 2003: Le Président Khatami, révèle que l'Iran a entamé un programme d’extraction d'uranium, et annonce des plans visant à développer un cycle du combustible nucléaire.
Au même moment Mohammed ElBaradei, Directeur général de l'AIEA, se rend en Iran avec une équipe d'inspecteurs pour commencer à sonder les projets nucléaires de Téhéran.
Juin 2003: Accusant l'Iran de ne pas révéler l'étendue de ses activités nucléaires, M. ElBaradei exhorte les dirigeants de se soumettre à des inspections plus intrusives.
Août 2003: Des traces d'uranium hautement enrichi sont trouvées dans l’usine de Natanz.
Septembre 2003: La découverte d’uranium plus enrichi encore, suscite des appels d’urgence envers l'Iran pour la signature d’un protocole facultatif qui formaliserait un régime d'inspection plus sévère.
Octobre 2003: Suite aux rencontres successives des Ministres des Affaires étrangères français, allemand et britannique, Téhéran accepte de cesser de produire de l'uranium enrichi, et décide officiellement de signer le protocole additionnel. Cette mesure permet à l’AIEA d’étendre sa capacité à détecter des activités nucléaires non déclarées. Pour l’heure, aucune preuve n’est fournit pour confirmer la fin de l'enrichissement.
Novembre 2003: Les Etats-Unis réfutent la déclaration de M. ElBaradei indiquant qu'il n’y a « aucune preuve » que l'Iran poursuive la prolifération d’armes nucléaires.
Décembre 2003: L'Iran signe le protocole additionnel au siège de l'AIEA à Vienne.
Février 2004: Abdul Qadeer Khan, instigateur de la bombe nucléaire pakistanaise, aurait vendu à l’Iran les techniques de réalisation d’armes nucléaires.
Février 2004: Un rapport de l'AIEA déclare que l'Iran a expérimenté du polonium 210. Métal qui peut être utilisé pour déclencher une réaction successive à la préparation d’une bombe nucléaire. L'Iran n'a pas souhaité expliquer ces expérimentations, et accepte à nouveau de suspendre l'enrichissement d’armes nucléaires. Là encore la République islamique refuse de s’y engager.
Mars 2004: l'Iran est expressément invitée à révéler la totalité de son programme nucléaire à l'AIEA le 1er juin 2004.
Juin 2004: Téhéran est critiquée par l'AIEA pour avoir tenté d'importer des aimants à destination de ses centrifugeuses nucléaires, et pour ne pas avoir offert une coopération "complète, judicieuse et pro-active" auprès des inspecteurs de l’AIEA.
Septembre 2004: Avec un dispositif de grande envergure, l’AIEA ordonne à l'Iran d’arrêter l’enrichissement d'uranium. Au même moment, Colin Powell, Secrétaire d'État américain, classe l’Iran comme « danger majeur ». M. Powell demande au Conseil de sécurité de l'ONU d'imposer des sanctions.
Novembre 2004: L'Iran s'engage à cesser toutes les activités d'enrichissement au cours des négociations avec l'UE (France, Allemagne et Royaume-Uni), mais prévient qu’il reprendra ses activités dans le futur.
Janvier 2005: Les inspecteurs de l'AIEA sont autorisés à pénétrer dans l’usine cachée de Parchin près de Téhéran.
Avril 2005: L'Iran annonce ses intentions pour reprendre la conversion de l'uranium à Ispahan.
Mai 2005: La France, l’Allemagne et la Grande Bretagne réunies, ont averti que toute reprise de l’enrichissement d’uranium mettrait fin aux négociations liées au commerce et relatives aux questions économiques. L’Iran accepte d'attendre les propositions détaillées de l'Europe à la fin du mois de juillet.
Août 2005: Mahmoud Ahmadinejad est élu Président de la République islamique d’Iran. En son nom, il engage Téhéran dans une "irréversible" reprise de l'enrichissement d’uranium.
Ainsi, l’Iran rejette les dernières propositions européennes pour résoudre la crise nucléaire. Dans ce même contexte, un politicien intransigeant, Ali Larijani, est nommé pour conduire les négociations avec l'UE.
L’Iran reprend douloureusement son cycle de travail du combustible dans sa conversion de l’uranium près d'Ispahan.
2 septembre 2005: Le rapport de l'AIEA confirme que l'Iran exécute à nouveau la conversion de l'uranium à Ispahan. Ce rapport affirmant qu’ « après deux ans et demi d'intenses vérifications, » l’Iran reste flou sur "d'importantes questions en suspens." [2]
25 septembre 2005: Téhéran rejette le nouveau rapport de l’AIEA. Manuchehr Mottaki, Ministre des Affaires étrangères déclare que son pays reste malgré tout attaché au Traité de non-prolifération. [3]
12 octobre 2005 : L'UE publie une déclaration appelant l'Iran à poursuivre des négociations avec l'UE – France, Allemagne et Grande Bretagne.
24 novembre 2005: Une réunion du Conseil des dirigeants de l'AIEA ajourne toute décision sur le programme nucléaire iranien. Ce changement vise à discuter à nouveau des négociations sur une proposition russe, pour un compromis qui permettrait à l'Iran d'enrichir l'uranium seulement en Russie et sous un contrôle strict.
25 décembre 2005: Téhéran rejette formellement l'offre de Moscou d'enrichir l'uranium iranien en Russie. Les dirigeants iraniens insistent sur le droit à l'Iran d’enrichir leur uranium sur leur propre sol.
10 janvier 2006: L’Iran prends ses distances avec les recommandations de l'ONU relatives à la centrale d'enrichissement de Natanz, et reprend ses recherches. [4]
4 février 2006: Les suffrages de l'AIEA envers l'Iran amènent de nouveau l’Iran à comparaître devant le Conseil de sécurité des Nations Unies Les ambitions finales de l’Iran enclenchent des inspections nucléaires onusiennes dès le jour suivant.
14 février 2006: Après deux ans et demi de suspension, l’Iran réitère à petite échelle l’enrichissement de gaz d'uranium dans les centrifugeuses de Natanz.
5 juin 2006: Le Secrétaire général du Conseil de l'UE, Javier Solana, responsable de la politique étrangère européenne offre un ensemble de mesures d'incitation pour pousser l'Iran à mettre un terme à l'enrichissement de son uranium.
31 juillet 2006: Le Conseil de sécurité de l'ONU exige que l'Iran suspende ses activités nucléaires d'ici le 31 août.
31 août 2006: Le Conseil de Sécurité des Nations Unies exige que l'Iran mette un terme à ses travaux combustibles nucléaires. L’AIEA affirme que Téhéran a échoué à la suspension du programme.
25 septembre 2006: Manuchehr Mottaki, ministre iranien des Affaires étrangères déclare que les discussions nucléaires avec les négociateurs européens sont en bonne voie et qu’une solution diplomatique est possible.[5]
4 octobre 2006: En tant que responsable de la politique étrangère de l'UE, Solana déclare que quatre mois de négociations intensives n’ont apporté aucun accord quant à la suspension des activités nucléaires tangible en Iran. Il ajoute que le dialogue ne peut pas continuer indéfiniment.
12 novembre 2006: Un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères affirme que Téhéran accélère ses projets d'extension dans son programme d'enrichissement d'uranium. L’Iran reste déterminé face à l’installation de 3000 centrifugeuses d'ici à mars 2007.
23 décembre 2006: Les 15 membres du Conseil de sécurité adoptent à l'unanimité une résolution contraignante demandant à l'Iran de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium et la priant de se conformer aux exigences de l'AIEA. La Résolution 1737 prescrit à tous les États d'empêcher la fourniture ou la vente à l'Iran de tout matériel qui pourrait contribuer à son cheminement vers l’enrichissement nucléaire ou vers des programmes de missiles balistiques. Imposant également un gel des actifs sur les entreprises principales et les personnes nommées par l'ONU comme étant source de contribution au nucléaire iranien et des programmes de missiles. Iran rejette d’être cataloguer comme un "invalide" et "hors la loi" en dehors des limites de la Charte de l'ONU.
25 décembre 2006: Le président Ahmadinejad répond au conseil de sécurité de l'ONU concernant la résolution 1737 en déclarant que les sanctions n’auront "aucun impact" sur le programme nucléaire iranien.
22 janvier 2007: le Ministre iranien des Affaires étrangères, Manuchehr Mottaki, confirme que les rapports des 38 inspecteurs de l’ONU, chargés du nucléaire ont été interdits d'entrer dans le pays figurant dans une liste qui aurait été remis à l'AIEA; le lendemain, Téhéran souligne que la coopération avec l'AIEA se poursuit, et ce malgré l’interdiction. L'Union européenne exhorte tous les pays à appliquer les sanctions de l'ONU récemment adopté contre l'Iran.
21 janvier 2007: Le conseil de sécurité de l’ONU souhaite mettre un terme à l'enrichissement de l'uranium en Iran sous 60 jours. Gholam Ali Hadad Adel, Président du parlement iranien avertit que la Russie prend du retard concernant dans l'aboutissement de l’usine nucléaire de Bushehr, et que ceci nuirait les liens économiques bilatéraux. Ces commentaires sont apparus quelque peu après que les fonctionnaires nucléaires russes aient affirmé que les retards de paiements iraniens pourraient retarder le démarrage de l'installation.
24 mars 2007: Le Conseil de sécurité approuve à l'unanimité une résolution élargissant les sanctions de l'ONU contre l'Iran afin de condamner le refus de ce-dernier de mettre un terme à l'enrichissement de son uranium. Les dirigeants iraniens qualifient ces nouvelles mesures "inutiles et injustifiées".
9 avril 2007: Le président Ahmadinejad affirme que l'Iran peut produire du combustible nucléaire à l'échelle industrielle. Dix jours plus tard, l'AIEA confirme que l'Iran a commencé à fabriquer du combustible nucléaire dans son usine souterraine d'enrichissement d’uranium, et ce, grâce à plus de 1300 centrifugeuses.
10 avril 2007: Le ministre iranien des Affaires étrangères Mottaki déclare que l’Iran n'acceptera aucune suspension de ses activités d'enrichissement d'uranium, et implore activement les puissances mondiales à accepter la "nouvelle réalité" de la République islamique du programme nucléaire.
23 mai 2007: Dans un nouveau rapport publié à l'expiration du délai imposé par le conseil de sécurité des Nations Unies, l’AIEA affirme que l’Iran continue à défier le conseil. Ce dernier lui exige de mettre un terme à l'enrichissement de l'uranium mais la République islamique n’a en fait qu’élargir l’étendu de ces travaux. Le rapport ajoute que la capacité de l'agence nucléaire de l'ONU pour surveiller les activités nucléaires en Iran a diminué en raison du manque d'accès dans les sites concernés.
21 août 2007 : l'Iran et l'AIEA s’accordent sur un plan de travail pour répondre aux questions en suspens sur le programme nucléaire iranien. [6]
4 octobre 2007: Les diplomates déclarent que l’Iran a installé près de 3000 centrifugeuses, soit suffisamment pour commencer à affiner les quantités de combustible nucléaire.
20 octobre 2007: Suite à la démission Ali Larijani, Saeed Jalili est nommé chef négociateur nucléaire de l’Iran.
24 octobre 2007: Les États-Unis impose de nouvelles sanctions à l'Iran et accuse le corps de la Garde révolutionnaire iranienne d’être à l’origine de la propagation d’armes de destruction massive.
2 novembre 2007: Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies incluant la Grande-Bretagne, la France, les États-Unis, la Russie et la Chine puis l’Allemagne, se réunissant pour la troisième fois et entament des discussions relatives aux durcissements des sanctions.
15 novembre 2007: Dans un rapport mitigé de l’AIEA, il est explicitement demandé à l’Iran de coopérer .Le comportement de l’Etat est qualifié de "réactif plutôt que proactif". [7]
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[1] Informations recueillies par BBC News jusqu’en Août 2005 : Iran nuclear crisis, BBC News, 24 September 2005
[2] Timeline: Iran´s nuclear program,” Reuters, 2 November 2007
[3] Informations recueillies jusqu’en Décembre 2005 par : Timeline Of The Iranian Nuclear Dispute, Radio Free Europe/Radio Liberty, 11 August 2005.
[4] Informations recueillies jusqu’en Août 2006 par Reuters : Timeline Irans nuclear program, Reuters, 2 November 2007.
[5] Informations recueillies par Factbox jusqu’en Mai 2007 par RFE : Timeline Of The Iranian Nuclear Dispute, Radio Free Europe/Radio Liberty, 11 August 2005.
[6] Informations recueillies jusqu’en Novembre 2007 par Reuters : Timeline Irans nuclear program, Reuters, 2 November 2007.
[7] "Iran fails to resolve nuclear questions,", Financial Times, 15 November 2007
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